Les rémunérations des fonds en euros

Un fonds en euros est un support d’investissement d’un contrat d’assurance vie dont le capital est garanti en permanence. Suivant les compagnies d’assurance, on constate de fortes disparités en termes de rendement. Qu’est-ce qui compose un fond en euros ? Quel est son fonctionnement ? Comment les gains sont-ils calculés ? Découvrez dans cet article tout ce que vous devez savoir sur les fonds en euros et leurs rémunérations.

Rappel sur les fonds en euros

Appelé également support en euros, le fonds en euro est un fonds également appelé « actif général ». Il est géré directement par l’assureur pour le compte des souscripteurs, souvent dans le cadre d’une assurance vie. Les personnes qui souscrivent à contrat d’assurance-vie peuvent choisir d’investir tout ou une partie de leurs capitaux sur le fonds en euros. Ce support d’investissement a pour objectif la valorisation régulière du capital.
La compagnie d’assurances fixe en général chaque année un taux minimum garanti pour l’année suivante. Elle est tenue de reverser au minimum 85% des produits financiers dégagés par le fonds euro à ses assurés. Ce placement sécuritaire offre donc aux souscripteurs l’avantage d’un capital garanti et d’un rendement régulier.

Composition d’un fonds en euros

La composition d’un fonds en euros est différente d’un assureur à un autre. Toutefois, la majeure partie du fonds, environ 80%, est constituée d’obligations, principalement des emprunts d’Etat. Ce sont ces obligations qui permettent d’assurer aux souscripteurs un rendement régulier.
Les assureurs ont la possibilité d’investir une certaine partie de leur actif général en actions dans le but d’améliorer les rendements. Ils peuvent également choisir d’investir une petite partie du fonds en immobilier en vue de percevoir des loyers pour dynamiser leurs performances.

Comment fonctionne un fonds en euros ?

Un fonds en euro est un portefeuille financier qui est constitué et géré par la compagnie d’assurances. Cette dernière s’engage à rémunérer la somme investie par le souscripteur grâce aux bénéfices réalisés sur les marchés financiers. Un taux minimum garanti est fixé annuellement, c’est ce qui va permettre de revaloriser le capital de l’assuré.
La part de l’actif général investie en emprunts d’Etat ou émis par des entreprises est remboursée à la date d’échéance prévue, pouvant aller de 2 à 30 ans après l’émission. La compagnie d’assurances est autorisée à mettre de côté une part de ces produits afin de pouvoir réinvestir régulièrement sur les marchés financiers. L’intégralité de cette « réserve » doit être redistribuée dans un délai de 8 ans.

Fonds en euros : placement sans risque financier

Le capital investi sur le fonds en euros bénéficie d’une garantie apportée par l’assureur. Ainsi, le souscripteur est certain que la valeur de son épargne ne baissera pas. De même, les intérêts bénéficient d’un mécanisme de cliquet qui garantit qu’ils ne seront pas perdus.

Rendement et rémunération des fonds en euros

Avec le taux minimum garanti, l’investisseur est assuré de bénéficier d’un rendement minimum. Au début de l’année suivante, l’assureur redistribue la participation aux bénéfices qui complète ce taux minimum garanti. La participation aux bénéfices peut être mise en réserve pendant une durée maximale de 8 ans lorsqu’elle n’est pas versée l’année où les bénéfices ont été réalisés. La performance annuelle d’un fond en euros est obtenue en additionnant ces deux taux : taux minimum garanti et taux de participation aux bénéfices.

Pourquoi de telles différences de rendement ?

Avec des taux qui s’échelonnent de 1 % à 2,4 % environ, les écarts entre fonds en euros restent à un niveau très élevé.
Pour y voir clair, il faut commencer par faire la part des choses entre les fonds classiques (les plus courants, qui représentent l’essentiel du marché) et les fonds « alternatifs ».
Parmi les fonds classiques, les différences s’expliquent par plusieurs facteurs.

  • La nature des actifs sur lesquels le fonds est investi: si de nombreux assureurs investissent majoritairement en obligations et ne laissent qu’une faible place aux actions et à l’immobilier (c’est le cas, notamment, dans les banques), d’autres disposent d’actifs plus diversifiés. Cette diversification témoigne de la richesse de l’assureur : plus il dispose de fonds propres, plus il peut prendre de risques au profit de ses assurés, le capital de ceux-ci restant garanti.
  • L’importance des frais de gestion : s’ils étaient peu sensibles à l’époque des rendements élevés, les frais de gestion prélevés sur les compartiments en euros jouent aujourd’hui un rôle majeur dans la performance. Ils représentent en général de 0,5 à 1 % par an. Ainsi, avec un actif qui rapporte 2,5 % brut, le taux crédité aux clients sera de 2 % si les frais de gestion s’élèvent à 0,5 %… Quoi qu’il en soit, les rendements sont toujours annoncés nets de frais : mieux vaut donc détenir un fonds en euros rentable en net, même si les frais sont importants, qu’un autre peu rémunérateur et avec des frais faibles.
  • La politique de mise en réserve : les assureurs ne sont pas tenus de distribuer chaque année l’intégralité des gains qu’ils ont accumulés durant un exercice. Ils peuvent en mettre une partie de côté dans des réserves pour maintenir le rendement de leur fonds en euros au cours d’années plus difficiles. Les choix des assureurs dans ce domaine ont donc un impact direct sur la performance.