Les fonds obligataires à échéance

Plus rien ne rapporte… Voilà un message que nous entendons souvent ! En effet, sous l’influence de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de la forte baisse de l’inflation, le rendement des placements à capital garanti, comme le fonds en euros des contrats d’assurance-vie, ou prudents, comme les obligations, a fortement baissé depuis 2008 alors même que les épargnants français ont toujours privilégié les placements de « bon père de famille ».

Particuliers comme institutionnels sont donc à la recherche de placements présentant un niveau de risque inférieur à celui des actions, mais présentant un potentiel de rendement supérieur au Livret A ou au fonds en euros. Afin de répondre à cette attente, nombre de sociétés de gestion ont créé des fonds obligataires à échéance, également appelés « datés ».

De quoi s’agit-il ?

Pour ce type de fonds, les sociétés de gestion sélectionnent des obligations déjà émises par de multiples émetteurs, sociétés de taille importante, afin de diversifier le risque et ne pas pénaliser les épargnants en cas de défaut d’un émetteur. Ces obligations sont sélectionnées selon :

  • La solidité de l’émetteur;
  • Leur taux de rendement actuariel;
  • Leur date de remboursement, qui doit coïncider approximativement avec la durée de vie du fonds (souvent un minimum de 5 ans).

Quelle stratégie ?

Il s’agit très majoritairement d’une stratégie dite « de portage », consistant à conserver les obligations du fonds jusqu’à leur échéance. Pendant la durée de vie des obligations, leur cours, donc la valeur du fonds, varie à la hausse ou à la baisse en fonction des taux d’intérêt et du risque de défaut (non remboursement) de l’émetteur.

Conserver les obligations jusqu’à leur échéance permet de neutraliser le risque de taux et donc de bénéficier pleinement du taux actuariel de l’obligation au moment de son achat par le fonds.

Une minorité de fonds à échéance se réserve la possibilité de céder une partie des obligations avant leur échéance (« arbitrage »), ce qu’ils font lorsqu’ils considèrent que l’une ou l’autre d’entre elles ne présente plus de potentiel de gain.

Le taux actuariel des obligations lors de leur achat étant souvent supérieur à 4%, les épargnants bénéficient d’un potentiel de rendement très supérieur à celui des placements à capital garanti.

Quels risques ?

Compte tenu de la stratégie de portage, le risque de taux est neutralisé si l’investisseur conserve le fonds jusqu’à l’échéance. Le principal risque est donc celui d’un défaut de remboursement par certains émetteurs. Ce risque est réel, a fortiori dans la mesure où, afin d’assurer un rendement significatif à l’investisseur, le fonds sélectionne des obligations émises par des sociétés solides, mais ne bénéficiant pas des meilleures notes en termes de risque de défaut (obligations « High Yield », ou « Haut Rendement »).

Le risque de défaut est largement atténué par :

  • Une analyse approfondie de la situation des émetteurs avant l’achat des obligations;
  • Le suivi de l’évolution de leur situation;
  • Une grande diversification des obligations sélectionnées.

Quelles contraintes ?

Les capitaux investis dans des fonds obligataires à échéance ne sont pas bloqués : à tout moment, l’épargnant peut les céder. Cependant, une vente avant l’échéance du fonds se fera au cours du jour. Il subit donc un risque de taux, dont l’effet peut être positif ou négatif.

Quels investisseurs concernés ?

Les fonds obligataires à échéance ne sont pas sans risque. Ils sont destinés principalement à des investisseurs ayant réalisé des placements prudents mais désireux de bénéficier d’un surcroît de rendement sans pour autant investir sur les marchés actions. Nous leur recommandons d’investir de 10 à 20% de leurs actifs sur de tels fonds, quitte à en sélectionner plusieurs afin de bénéficier d’une diversification supplémentaire.

Nous leur recommandons surtout de contacter leur conseiller afin d’analyser avec lui leur appétence au risque et vérifier ainsi que ces fonds sont adaptés à leurs objectifs et leurs contraintes.