La gestion Growth

L’adepte de l’investissement « Growth » s’intéresse aux valeurs connaissant une croissance régulière, d’où leur nom de valeurs de croissance. L’investisseur growth est réputé avoir une action offensive. Il se distingue de l’investisseur value, davantage porté sur les valeurs décotées et présentant selon lui un potentiel de rattrapage. Cette règle ne se vérifie pas systématiquement, la preuve en est que les valeurs « Value », en principe plus résistantes aux crises, ont à ce jour été frappées beaucoup plus durement que les valeurs de croissance par la baisse provoquée par le coronavirus.

Comment repérer une entreprise de croissance

Plusieurs critères définissent une entreprise au profil growth.
Il faut, tout d’abord, savoir que l’entreprise de croissance verse peu de dividendes à ses actionnaires. En effet, elle préfère consacrer ses bénéfices à son propre développement, c’est-à-dire à l’investissement dans de nouveaux projets internes ou/et à l’investissement dans la croissance externe.
Par ailleurs, l’entreprise au profil growth enregistre depuis des années une hausse de son chiffre d’affaires et de son bénéfice supérieure à la moyenne.
En revanche, ces entreprises ne sont pas forcément bénéficiaires mais espèrent le devenir rapidement.
Et pour sécuriser son portefeuille, l’investisseur tient compte de plusieurs paramètres : le niveau d’endettement, la profitabilité, les projets de développement, la compétitivité des produits…

Les secteurs où trouver des entreprises de croissance

Les entreprises growth se retrouvent surtout dans les secteurs des énergies nouvelles, de l’électronique, de l’informatique, de la technologie etc. Le cours de l’action Apple a ainsi bondi d’environ 965 % en 10 ans, celle de l’action Facebook de 161% en 5 ans. Mais ce type d’entreprises peut se retrouver dans tous les secteurs d’activité. Ainsi à titre d’exemple, pour l’Oréal, la hausse est de 250% sur 10 ans. Et pour Hermès INTL, la hausse sur 10 ans s’établit à 461%.
Ces chiffres ont été relevés au 12 décembre 2020.

Les valeurs growth se souvent payent au prix fort

Acheter des valeurs growth nécessite d’avoir une assise financière forte. En effet, le PER (Price Earning Ratio) est souvent au minimum de 20 fois les profits voire 30 pour les valeurs les plus convoitées ou les secteurs les plus rentables, comme le luxe. La forte croissance doit donc amortir cet investissement de départ élevé.
Certains investisseurs sont à l’affût d’une éventuelle correction boursière, mais ils prennent le risque de voir le cours continuer à grimper et donc de ne pas réussir à prendre le train en marche. L’autre écueil est de surpayer un dossier growth qui ne tiendrait pas ses promesses de développement ou de rentabilité.

Des sociétés de gestion growth

Certaines sociétés de gestion sont spécialisées dans la gestion growth, comme Comgest en France. Certaines ont même développé un modèle appelé « Growth At Reasonable Price – GARP –  » en français la croissance à prix raisonnable. Cette stratégie de gestion permet d’acheter des valeurs de croissance en limitant le risque de les payer trop cher.
Parallèlement, certaines sociétés orientées Value ont créé des fonds dédiés à la gestion growth : Franklin Templeton (Asian Growth Fund), Fidelity Funds (Fidelity European Growth), DNCA (DNCA Invest Europe Growth), etc.

Quand privilégier la gestion growth

La gestion growth est particulièrement adaptée lorsque la bourse présente des perspectives de hausse. En effet, elle amplifie les gains. En revanche, lors d’une phase baissière, la correction risque d’être plus sévère pour ces actions. De plus, lors d’une période de forte hausse des taux d’intérêt, les valeurs de croissance sont pénalisées par leur besoin de financement élevé.

L’avis du conseiller en gestion de patrimoine

Intrinsèquement, la gestion growth n’est ni meilleure, ni plus mauvaise que la gestion value. Cependant, l’investisseur peut préférer équilibrer son portefeuille, afin d’amortir les effets d’un possible de retournement de situation. D’ailleurs, la gestion GARP peut être considérée comme un compromis entre ces 2 modes de gestion traditionnels. Elle a été adoptée par de nombreux investisseurs et gérants de portefeuille ayant connu des déconvenues, notamment lors du dégonflement de la bulle internet. En effet le 13 mars 2000, le Nasdaq a plongé brutalement, gommant ainsi 5 années de hausse.

Equilibrer son portefeuille entre growth et value est clairement recommandé, et l’évolution récente des marchés actions illustre parfaitement la nécessité de ne pas tout miser sur une seule stratégie. En effet, alors que jusqu’à début novembre 2020 les actions value étaient délaissées, depuis la découverte d’un vaccin contre le COVID et l’élection de Joe Biden elles surperforment nettement les valeurs de croissance.