La flambée des valeurs technologiques

Les valeurs technologiques, et en particulier les GAFAM (Google – Alphabet, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ou les FAANG (Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Google) ont vu leur cours de bourse augmenter fortement depuis le début d’année 2020, entraînant l’ensemble de l’indice Nasdaq des valeurs technologiques. Malgré la crise due au coronavirus, cet indice gagne plus de 30% depuis le début de l’année 2020. Début septembre, Apple valait en bourse plus de 2000 milliards de dollars – plus que toutes les valeurs cotées à la bourse de Paris réunies. Si Apple réalise un chiffre d’affaires considérable, comment considérer la flambée d’un titre comme Facebook, qui ne réalise que 17 milliards de chiffre d’affaires et ne dispose de presqu’aucun actif réel ?

L’accélération d’une évolution structurelle

La première cause de cette hausse des technos est rationnelle. Depuis plusieurs années, la technologie nous est devenue indispensable (smartphones, tablettes) ou très appréciable pour nos loisirs (netflix), et les sociétés qui proposent ces services ou produits ont pris une place croissante dans notre quotidien. La plupart d’entre elles publient d’ailleurs des chiffres d’affaires en croissance régulière et, parfois, très rapide.

Cette tendance structurelle a été amplifiée et accélérée par le confinement décidé pour contenir le Covid 19. En effet, afin de travailler (télétravail, visioconférences), faire leurs courses, se divertir ou juste maintenir un lien social, les entreprises et les administrations comme les consommateurs ont été obligés de recourir aux services des Google, Amazon et consorts. Parallèlement, les sociétés de secteurs plus traditionnels comme Airbus ont vu leur activité stoppée net par la pandémie et leurs perspectives de croissance remises en cause pour de nombreuses années. D’énormes masses de capitaux se sont ainsi déplacées des secteurs traditionnels (pétrole, banques) vers des valeurs à plus fort potentiel. Cela a fait gonfler des multiples de valorisation déjà élevés.

La politique de taux très bas adoptée depuis la dernière crise par la plupart des banques centrales a amplifié ce phénomène, en permettant à ces valeurs très consommatrices de capitaux de financer leur développement à un coût proche de zéro.

Une bulle technologique ?

A la fin des années 2000, l’arrivée d’internet et de la téléphonie mobile a vu la création de dizaines de milliers de start-up. Alors que certaines ne réalisaient aucun chiffre d’affaires, leur capitalisation boursière, qui ne reposait que sur des promesses, atteignait parfois des centaines de millions d’euros. L’explosion de cette bulle, en septembre 2000, a été amplifiée par les attentats du 11 septembre 2001, la seconde guerre du Golfe,…

Aujourd’hui, les valorisations sont élevées, mais la situation semble plus solide.

D’abord, la « tech » est devenue indispensable aux administrations, aux entreprises et aux consommateurs. Les survivantes de la bulle des années 1990 sont souvent devenues de véritables mastodontes, réalisant des chiffres d’affaires souvent considérables et disposant d’un portefeuille d’activités extrêmement diversifié – en témoigne le lancement récent par Amazon d’une activité d’assurance. Elles ont les moyens de se réinventer en acquérant de nouveaux entrants – ainsi Facebook qui a racheté Instagram. Enfin, elles ont su développer de véritables écosystèmes et les monétiser. Ainsi pour Apple, les ordinateurs, les téléphones mobiles, les tablettes, les accessoires, la musique, le cloud,…

Bien sûr, des risques existent, à commencer par des législations plus restrictives pour protéger la vie privée des consommateurs et éviter l’irruption d’un Big Brother. Les mastodontes de la tech sont aussi dans le collimateur des Etats du fait de leurs pratiques d’optimisation fiscale ou pour de supposés abus de position dominante. Enfin, les stars américaines sont de plus en plus concurrencées par des acteurs des pays émergents, comme Huawei ou HTC dans la téléphonie. Au 6 octobre, le Nasdaq a d’ailleurs baissé de plus de 10% depuis son plus haut de début septembre.

Faut-il investir dans la tech ?

Il est possible que le secteur de la tech, qui compte de nombreux sous-secteurs, soit aujourd’hui un peu cher, sans qu’on puisse parler de bulle. Considérant les perspectives de ce secteur peu endetté, en forte croissance et indispensable à notre quotidien, nous considérons qu’il s’agit d’un secteur porteur et que tout investisseur de long terme devrait y consacrer une partie de ses investissements en actions. Nous nous tenons à votre disposition pour vous recommander les fonds spécialisés présentant les meilleurs rapports rendement/risque et les meilleures perspectives.