Les décisions récentes de la BCE, conséquences sur le fonds €

Le 10 Mars dernier, la BCE ou Banque Centrale Européenne a adopté de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire de grande envergure. Cette banque des 19 pays de l’Euro et sise à Francfort est actuellement présidée par Mario Dragui.

Régulariser l’inflation et superviser les diverses institutions bancaires européennes font partie des principales attributions de cette pierre angulaire de l’Eurosystème. Les décisions nouvellement prises par cette entité ne sont pas sans conséquences. Dans cet article, nous allons décrypter les conséquences de ces mesures sur les marchés obligataires.

 

 

Quelques extraits des mesures récemment adoptées par la BCE

 

En cette année 2019, plusieurs décisions ont été prises au sein de la BCE. Ces mesures touchent à peu près l’intégralité des départements de cette institution.

Au niveau de la communication externe, il a été convenu que la date de lancement du projet est marquée par le remplacement de l’acronyme qui désigne le taux à court terme en euros « ESTER » par le sigle € STR.

Le 14 mars 2019 dernier, la BCE a aussi annoncé que l’€STR sera publié pour la première fois le 02 octobre 2019 prochain. L’enregistrement du compte rendu de l’activité du marché sera effectué une journée avant cette date. Pour la même occasion, le calcul de l’écart entre l’Eonia et l’€STR sera également porté à la connaissance de tous. Cette mesure est surtout conforme aux techniques préconisées par le groupement de travail sur les taux sans écueil pour l’euro.

Concernant les opérations de marché, le Conseil des gouverneurs a pris la décision d’attribuer le titre de fournisseur tiers d’instruments de notation au CRIF Ratings S.r.l. Cette mesure entre notamment dans le cadre de l’ECAF (Eurosystem credit assessment framework), un dispositif d’évaluation du risque de crédit de l’Eurosystème.

 

La liste actualisée des fournisseurs tiers d’instruments de notation est également consultable sur la page web de la BCE.

 

 

Les infrastructures de marché et paiements

 

La migration vers la SEPA (Single Euro Payments Area) a aussi été évoquée. En effet, le rapport d’évaluation d’incidence qui porte notamment sur la migration vers l’espace unique de virements et tous prélèvements de fonds a eu lieu. C’est aussi le cas pour les documents qui concernent le modèle de banque centrale concordant. Dans ce sens, le Conseil a consenti que les procédures d’usage des contreparties de l’Eurosystème soient mises à jour. Cette approbation est déjà publiée sur le site de la BCE, avec comme titre : « Informations relatives au MBCC pour les contreparties, Récapitulatif des instruments juridiques utilisés dans la zone euro ». Cette révision annuelle des procédures d’usage a fait l’objet de seulement quelques points mineurs.

Le 20 mars 2019, le Conseil des gouverneurs a aussi décidé de retirer la recommandation de la BCE concernant la modification de l’article 22 des statuts du Système européen de banques et de la BCE.

 

 

Les notes sur la réglementation et la supervision bancaire

 

Le 18 février 2019, le Conseil des gouverneurs a également émis un avis concernant les ordonnances juridictionnelles qui portent sur la possession de résidences privées principales en Irlande. Cette demande émane notamment du ministère irlandais de la Justice, de l’égalité et de la réforme du droit. Au même titre, l’avis CON/2019/9 à la demande du ministère grec des Finances a été aussi adopté. Cette mesure porte sur un projet de loi ayant rapport avec la protection des résidences principales en Grèce.

En termes de supervision bancaire, la décision implique la sanction de la BCE pour tous non-respects des limites qui s’appliquent aux grands risques. Cet avis a été approuvé le 15 février 2019 et porte objet sur l’accord du conseil de surveillance prudentiel sur l’imposition de sanction administrative à l’encontre de Sberbank Europe AG. Si les renseignements concernant la supervision bancaire vous intéressent, vous pouvez en savoir plus sur le site de la BCE. Vous pouvez également profiter de votre passage sur ce site pour découvrir la totalité des mesures nouvellement adoptées par la BCE.

 

 

Vers une mise en avant de la politique monétaire

 

Dans la globalité de ses décisions, la BCE a dernièrement renoncé à la course impliquant la baisse de taux directeurs et de la politique de dépréciation de l’euro. En conséquence, il accorde davantage d’attention à l’allocation de crédit. En ce moment, l’achat mensuel d’obligations d’entreprises par l’Eurosystème est estimé entre 3 et 4 Mds €. Cette entité semble également avoir une certaine difficulté à acheter des obligations d’entreprises en tenant compte des indices de crédit au prorata. Via cette hypothèse, il est peut-être possible d’indiquer que la pression sur les taux européens et aussi sur les spreads souverains continuera toujours de régner en maître tant qu’aucune fin hypothétique du PSPP ne soit prononcée par la BCE. Il est par ailleurs évident que les mesures prises par la BCE soient uniquement favorables aux investisseurs du marché corporate euro. Ce qu’il faut retenir, c’est que des soucis au niveau des marchés obligatoires euro peuvent être engendrées par les rendements insignifiants. Les émetteurs qui ne bénéficient pas de la protection offerte par le programme de la BCE se retrouvent forcément aussi en état de précarité en raison de ces décisions.

L’institution a également confirmé que compte tenu du contexte mondial : ralentissement de la croissance en zone euro, perspective d’un hard Brexit, guerres commerciales, et surtout une inflation inférieure aux objectifs…, la nécessité d’une politique très accommodante pour « une période prolongée ».

 

 

Une baisse progressive du taux de dépôt

 

Toutes les mesures prises par la BCE mènent sans aucun doute à une baisse certaine des taux. Comme l’indique le porte-parole de l’institution, les taux actuels pourront rester à leur niveau ou baisser de quelques points jusqu’au premier semestre de l’année à venir. Cette incertitude évoque surtout la possibilité du fait que cette baisse sera tablée lors du prochain sommet de la BCE. D’un ton plutôt volontariste est ainsi mis en avant, ce qui amène l’entité à apporter une modification sur son précédent engagement, celui de maintenir le taux à ce niveau.

En conséquence des décisions récentes de la BCE, l’euro a été déprécié par rapport au dollar. Avant la publication de ses nouvelles mesures, le cours était de 1,13 puis actuellement de 1,111. Dans son communiqué, Mario Draghi a fait une déclaration portant sur l’impotence du risque de régression. Cette annonce ne change pourtant pas la situation actuelle où les Bourses européennes sont à la baisse. Ces dernières avaient pourtant augmenté leurs gains, quelque temps auparavant. Si le taux de rendement de l’emprunt allemand à 10 ans était à son plus bas niveau avec un pourcentage de -0,41, celui-ci a légèrement repris la pente et est actuellement de -0,36%.